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Site web officiel de la Commune de Korsimoro

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Caractéristiques démographiques de la commune


 1.3.1 Répartition et croissance 

La commune de Korsimoro  est composée de Mossi et de Peulh.

Selon les données du recensement général de la population en 2006, avec le taux de croissance de 2,25/%, la population totale de la commune  connaît l’évolution suivante par genre : 

Tableau 3: Répartition de la population de la commune en 1984, 2006 et en 2013.

Commune

 

Population

résidente en 1984

Population

résidente en 2006

Population

résidente en 2013

H F T H F T H F T
Korsimoro 19105 21025 40130 20 876 23 669 44545 24 394 27 658 52 053

Source : Actualisation RGPH1996, RGPH 2006/TSDMai 2013

On rencontre plusieurs religions et croyances dans la commune de Korsimoro. La confession la plus importante est l’animisme suivi de l’islam, puis des protestants et enfin des catholiques. On note dans certains villages l’existence d’autres pratiques de la foi. Il faut signaler que toutes ces confessions religieuses vivent en parfaite harmonie dans la commune de Korsimoro.

 

Le tableau ci après donne la répartition de la population par sexe et par village dans la commune en 2006 et les projections de la population d’ici 2018.

Tableau 4: Répartition de la population selon le sexeet par village

VILLAGE 2006 2014 2018
T F H T F H T F H
1 BAGBIN NOUNGOU 619 350 269 740 418 321 711 359 351
2 IPALA 2 291 1 236 1 055 2 737 1 477 1 261 2 787 1 409 1 378
3 MEDERIN- PEULH 92 47 45 110 56 54 119 60 59
4 NIMPOUI 957 516 441 1 143 617 527 1 165 589 576
5 NOUNGOU 1 505 795 710 1 798 950 848 1 875 948 927
6 OUIDIN 1 010 564 446 1 207 674 533 1 178 596 582
7 OUITENGA-POECIN 1 250 730 520 1 494 872 621 1 374 694 679
8 SABOURI-NAKOURA 478 282 196 571 337 234 518 262 256
9 SABOURI-NATENGA 1 565 853 712 1 870 1 019 851 1 881 951 930
10 BASKOUDRE-MOSSI 2 191 1 166 1 025 2 618 1 393 1 225 2 708 1 369 1 339
11 SABOURI-SONKIN 487 269 218 582 321 260 576 291 285
12 TAMBOKO 1 312 690 622 1 568 824 743 1 643 831 812
13 TANSABLOGO 821 458 363 981 547 434 959 485 474
14 TANSIN 841 432 409 1 005 516 489 1 080 546 534
15 TAONSGO 782 432 350 934 516 418 925 467 457
16 TIENDPALGO 465 247 218 556 295 260 576 291 285
17 TOULGUERE-PEULH 489 68 59 152 81 70 156 79 77
18 ZOURTENGA 1 644 818 826 1 964 977 987 2 182 1 103 1 079
19 BASKOUDRE-PEULH 127 248 241 584 296 288 637 322 315
20 KIRBAKA 591 341 250 706 407 299 660 334 327
21 DOLLE 1 520 775 745 1 816 926 890 1 968 995 973
22 FOULLA 3 611 1 966 1 645 4 315 2 349 1 965 4 345 2 197 2 148
23 ILARTENGA 712 371 341 851 443 407 901 455 445
24 IMIOUGOU-NATENGA 3 191 1 620 1 571 3 813 1 936 1 877 4 150 2 098 2 052
25 KORSIMORO 15 994 8 395 7 599 19 110 10 031 9 080 20 073 10 148 9 925
TOTAL POPULATION 44 545 23 669 20 876 53 224 28 280 24 943 55 144 27 879 27 265

Source : Source : Projection, RGPH 2006/TSD Mai 2013NB : 5 nouveaux village créés après 2006 : Souadogo ; Pissin ; Yaoghin ;Zaïtenga ; Pissiga.mais dont les population sont reparties dans les anciens villages.

L’analyse du tableau fait ressortir un certain nombre de caractéristiques particulières de la commune. Les aspects suivants sont à remarquer :

– la ville de Korsimoro compte à elle seule plus du tiers (36%) de la population totale de la commune soit 19 110 habitants en 2014.

– Le village le moins peuplé est Mederin- Peulh avec seulement 110 habitants en 2014 soit 0,21% de l’ensemble de la population de la commune.

– A l’image de la situation nationale, la commune compte plus de femmes que d’hommes soit 53% contre 47%.

1.3.2. Les flux migratoires

L’analyse du phénomène migratoire dans la commune, reste à la limite des informations obtenues. Toutefois, selon les informations collectées sur ce phénomène, il ressort globalement que :

  • L’émigration concerne essentiellement la frange jeune et adulte. Les femmes sont représentées et sont épouses accompagnant ou rejoignant leurs conjoints. Ces départs concernent les jeunes en quête d’emploi et les éleveurs peulhs transhumants. La durée moyenne de séjour à l’extérieur est de 6 à 9 mois pour les saisonniers et de 2 à 3 ans pour les départs de longues durées. Au delà de trois (3) ans le départ est considéré comme définitif.

Les principales causes des départs sont la recherche de source de revenus et la transhumance. Les destinations les plus courantes sont les pays voisins tels que la Côte d’ivoire et le Ghana et les grandes villes du Burkina Faso comme Ouagadougou, Kaya, Bobo-dioulasso. Le principal avantage de ces départs est l’apport des revenus monétaires au retour de ces émigrants qui réalisent des investissements et résolvent des problèmes financiers ponctuels. Les apports d’idées et de technologies nouvelles constituent aussi un avantage.

Quant aux inconvénients, elles sont nombreuses et déplorées par les résidents :(i) la réduction de la population active (main d’œuvre valide pour les travaux), (ii) les charges familiales que laissent les partants aux résidents, (iii) l’introduction de mauvaises habitudes de vie, …etc.

  • L’immigration dans la commune assez faible concerne surtout de jeunes (garçons et filles) et d’adultes venant des villages environnants et des élèves coraniques professionnel, etc.).

Les conséquences les plus fréquemment évoquées de cette immigration sont : (i) augmentation de la pression foncière, (ii) développement des conflits sociaux (différences de culture et de mode de vie sociale),(iii) accroissement de la délinquance et du banditisme, (iv) augmentation du nombre de pauvres et de nécessiteux (cas sociaux, mendiants).

1.3.3. Organisation sociale

1.3.3.1. Organisation sociopolitique (pouvoir moderne et traditionnel)

La vie sociale dans la commune de Korsimoro est encore de nos jours fortement régie par le mode traditionnel qui coexiste avec une vie urbaine en essor. A tous les niveaux (décisions, règles et relations sociales, mode de gestion de la cité, etc.), la tradition moaga reste la référence. Cependant, la forte immigration, l’urbanisation, l’intervention de projet et ONG ainsi que les changements opérés par le processus de décentralisation ont entraîné des mutations socioculturelles sensibles qui ont tendance à s’accélérer.

a)  Le pouvoir traditionnel

Le pouvoir traditionnel dans la commune de Korsimoro est hiérarchisé avec en tête un chef de canton qui reçoit son bonnet du Dima de Boussouma..

La chefferie ne se transmet pas de père en fils mais elle reste dans la famille royale.

Chaque candidat pose discrètement sa candidature auprès du Dima de Boussoumaou sous couvert d’un de ses ministres.

Autrefois, le chef de canton assurait avec l’appui des sages et de ses (ministres), les fonctions suivantes : (i) veiller au bien être des habitants de son canton ; (ii)Juger les fautes commises par remontrance (si la faute est légère) ou par correction corporelle (si la faute est grave) ; (iii) faire payer les amendes en nature ou en espèces ; (iv)Arbitrer les conflits ; (v) introniser les chefs de villages et des hameaux de culture relevant de son canton ; (vi) gérer le foncier.

De nos jours, il travaille avec l’administration en fonction des textes en vigueur. Il faut relever qu’il y a une entente relativement bonne entre les différents chefs traditionnels et des efforts de collaboration entre eux et l’administration municipale.

b) Le pouvoir moderne

Avec la communalisation intégrale du territoire, le pouvoir moderne est assuré par la mairie et la préfecture.

Le préfet représente la tutelle et de ce fait : (i) s‘occupe des actes administratifs des services déconcentrés de l’Etat ; (ii) règle les litiges (tribunal départemental de conciliation), etc.

Le maire est président du Conseil municipal et représente la collectivité territoriale (commune), à ce titre il est chargé de l’exécution des décisions du conseil municipal, ordonnancement du budget communal. Il est assure le rôle d’officier de police judiciaire et de l’état civil.

Il s’occupe de :

  • L’état civil ;
  • Le recouvrement des taxes ;
  • L’octroi d’autorisation de manifestations ;
  • L’élaboration et la mise en œuvre du plan communal de développement, etc.

La commune de Korsimoro participe à l’animation du conseil régional du Centre Nord. Il y est représenté par deux membres dans les commissions environnement et affaires générales.

Le conseil communal anime la vie de la commune. Il est chargé de coordonner tous les efforts en faveur du développement de la commune. Pour ce faire, le président du conseil communal est assisté de deux adjoints et d’une équipe structurée autour de quatre commissions permanentes :

  • la commission chargée des affaires générales, sociales et culturelles ;
  • la commission affaires économiques et financières ;
  • la commission environnement et développement local ;
  • la commission sécurisation foncière et aménagement du territoire.

Par ailleurs, le Maire entretient des relations avec l’ensemble des services techniques déconcentré de l’Etat et autres intervenants dans la commune que sont les ONG, projets et programmes.

Pour apprécier correctement le fonctionnement du conseil municipal de Korsimoro, il serait intéressant de jeter un coup d’œil sur la configuration politique de la structure.

Tableau 5: configuration du conseil municipal de Korsimoro.

Désignation Nombre
H 48
F 13
CDP 31
ADF/ RDA 27
RDS 03
0 – 30 ans 01
30 – 40 41
40 – 60 16
60 et + 03
TOTAL DES CONSEILLERS MUNICIPAUX 61

Source : Collecte de données, TSD, Mai 2013

H : homme ; F : femme.   CDP : congrès pour la démocratie et le progrès ; ADF : Alliance pour la démocratie et la fédération. RDS : Rassemblement  pour la démocratie et le socialisme

  • Les contraintes au fonctionnement du conseil communal

Le niveau d’instruction ou d’alphabétisation au sein du conseil communal est assez bas.  Cela freine la participation des représentants. A cette contrainte, s’ajoute l’insuffisance du personnel d’appui, l’insuffisance des ressources financières et le retard des subventions de l’Etat.

Si l’analphabétisme des membres du conseil communal, l’insuffisance de formation politique des conseillers qui souvent ignorent leur rôle constituent une faiblesse, la persistance de l’esprit de l’intérêt d’appartenance villageoise, constituerait un risque ou une menace pour le développement de la commune.

1.3.3.2. Place et rôle de la femme

a) Les honneurs dus à la femme

La femme joue un certain rôle au cours de la cérémonie d’intronisation du Naaba.

Malgré ce rôle de la femme au niveau du pouvoir traditionnel, elle ne peut prétendre à la chefferie traditionnelle à Korsimoro.

Organisée de type patriarcal, la société Mossi est fortement dominée par l’homme. Le lignage est organisé autour de l’homme.

La femme assure la procréation et se positionne comme un moyen de pérennisation du clan. La femme en tant que maîtresse de la maison trouve sa place dans le foyer et les activités ménagères. Elle assume des rôles sociaux, mais ne bénéficie pas de compétence exclusive.

Elle peut à tout moment bénéficier de l’orientation de l’homme  dans des tâches qui lui sont réservées.

Du fait que la vision « clan parc » est au centre de l’organisation sociale, la place de la femme  peut être fortement influencée par sa contribution au renforcement de ce clan notamment par le nombre et la qualité de sa progéniture masculine. Plus elle a des fils valeureux plus sa place dans la société est d’importance.

Dans le pouvoir moderne, ces considérations sont moins perçues, en témoigne du fait que les premiers responsables de la mairie et de la préfecture sont des femmes.

On notera que le « levira » est également pratiqué. Le problème que de tels types de mariage  posent aujourd’hui est qu’il va contre le libre choix des conjoints tel que protégé par le code des personnes et de la famille et souvent favorise la propagation du VIH/SIDA.

b) L’accès de la femme à la terre et le contrôle des ressources

Les rapports entre la terre et la femme sont déterminés par deux aspects majeurs : la place de la terre dans la société et celle de la femme dans la société.

La terre est considérée comme un patrimoine de clan. Les individus disposent seulement d’un droit d’usage. Ils ne peuvent en assurer la transmission que dans le cadre de la famille.

C’est parce que l’homme est le chef de la famille, qu’il bénéficie de terre pour l’exploitation au profit de sa famille. Il peut également en disposer pour sa femme, sa mère, mais, celles-ci ne disposent pas de droit de transmission.

Le clan et la terre étant intimement liés, la femme parce qu’elle est étrangère et dans le clan de sa famille et dans celui de son mari peut disposer d’un droit d’usage mais ne peut en assurer le contrôle. Elle peut exploiter les bas-fonds aménagés comme tout producteur mais ne jamais occuper la première place.

1.3.3.3 Associations et groupes socioprofessionnels

 

Les acteurs locaux de développement de la commune de Korsimoro comprennent les groupements villageois, les groupes vulnérables, les comités de gestion, les associations locales, les Conseils Villageois de Développement (CVD) et leurs différents partenaires au développement.

a). Les groupements villageois et Associations

Ce sont des organisations de producteurs, mises en place dans le but de promouvoir le développement agro-sylvo-pastoral. Dans le domaine de l’agriculture, on dénombre plusieurs groupements dont une union de 43 groupements dans le domaine maraîcher, 03 pour la filière pêche, des nombreuses associations dans le domine des AGR, de l’artisanat, des handicapés et d’appui à la santé communautaire. Cependant la plupart n’est pas fonctionnel pour raison de manque d’accompagnement financier, et de l’absence de dynamisme et cohésion des membres.

Dans le domaine de l’élevage, on compte une union de 26  groupements dont 4 féminins.

1.3.3.4. Les groupes vulnérables

Les groupes vulnérables de la commune Korsimoro sont les handicapés qui sont bien intégrés et vivent en parfaite cohésion avec tous les autres membres de la population.

1.3.3.5 Les comités de gestion

Variés et multiples, les comités de gestion sont créés spécifiquement pour assurer une bonne fonctionnalité et une durabilité des infrastructures (hydraulique, marchande, sanitaire, faunique…). De plus en plus leur budget est annexé à celui de la commune.

1.3.3.6. Ils sont mis en place par le conseil municipal dans tous les villages de la commune. Les CVD sont dotés d’une assemblée générale, d’un organe dirigeant et de commissions spécialisées. La loi n’impose pas que le président, le secrétaire et le trésorier sachent lire et écrire en français ou en langue nationale. Et cela limite leurs actions.

Les difficultés que rencontrent ces groupements et associations sont : l’analphabétisme des membres, l’absence de textes réglementaires,  la rareté de financement de leurs activités etc.

Outre ces organisations endogènes d’appui au développement, de nombreux partenaires externes interviennent auprès des communautés dans le but de contribuer à l’amélioration de leurs conditions de vie.

Les partenaires techniques et financiers

Dans la commune de Korsimoro, plusieurs partenaires interviennent dans les domaines de la restauration des sols, l’agriculture, l’élevage, l’environnement, l’hydraulique, l’éducation, la santé, le renforcement des capacités et les Activités Génératrices de Revenus (AGR).

Les services étatiques représentés dans la commune sont :

  • La Direction Provinciale de l’Agriculture et Sécurité Alimentaire (DPASA) à travers la Zone d’Appui Technique (ZAT) ;
  • La Direction Provinciale des Ressources Animales et Halieutiques (DPRAH) à travers la Zone d’Appui Technique en Elevage (ZATE) ;
  • Le district sanitaire de Kaya avec 7 CSPS ;
  • La Direction Provinciale de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (DPEBA) à travers deux (02) Circonscriptions de l’Enseignement de Base (CEB) de Korsimoro ;
  • La Direction Provinciale de l’Environnement et du Développement Durable à travers son service départemental ;
  • La Direction Provinciale de la Police Nationale, à travers le commissariat de police ;

Les principaux partenaires financiers intervenant ou ayant intervenu dans la commune sont décrits dans le tableau ci-après.

Tableau 6: Les partenaires au développement de la commune

Partenaires Domaine d’intervention
PLAN BURKINA –       Education

–       Santé

–       Appui à la décentralisation

Caisse populaire –       Micro finances

–       Equipements agricoles

SOS Sahel –       Appui à la décentralisation
ADASSKA –       Santé
ANDAL et PINAL –       Alphbétisation
FEER –       Eau et aménagement hydro-agricoles
OCADES

Fond Permanent pour le Développement des Collectivités Territoriales

–       Alphabétisation

–       Embouche

–       Intensification agricole

–       AGR

–       Nutrition infantile

–       Santé

–       Micro finances

PACT –       Appui à la décentralisation
FPDCT –       Appui à la décentralisation

–       Divers

PNGT 2* –       Lutte contre la pauvreté et décentralisation
FAARF* –       AGR-femmes
FONAEF –       Alphabétisation
INERA –       Recherche-action

Source : Diagnostic participatif pour l’actualisation du PCD de Korsimoromai 2013

L’intervention de ces nombreux partenaires (STD, projet/ et ONG) ainsi que les changements opérés par le processus de décentralisation ont entraîné des mutations socioculturelles sensibles qui ont tendance à s’accélérer. Il s’agit notamment de l’accès aux services sociaux de base, de la scolarisation de la petite fille, la participation des femmes à la vie socio économique et politique de la commune, la disparition des pratiques telles que l’excision, le mariage forcé, etc.




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